Thème n°3 : Les révolutions arabes

Éditorial de Mundeo

En 2011, ce que l’on a appelé les « révolutions arabes » ou les « Printemps arabes » ont émergé dans différents pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Mouvements de contestation et de revendications, ils ont abouti dans certains cas au renversement du régime comme en Tunisie, en Egypte, en Libye ou au Yémen. Dans d’autres cas, les dirigeants ont réussi à se maintenir au pouvoir, par la force comme en Syrie ou à Bahreïn, ou grâce à la mise en place de réformes constitutionnelles comme au Maroc ou en Jordanie.


révolutions arabes


La région Afrique du Nord / Moyen-Orient a longtemps été ignorée de l’étude des relations internationales. Il était communément admis que rien ou presque ne s’y passait et les révolutions arabes en ont surpris plus d’un. Pourtant, tout était réuni pour que la situation explose. Les taux de chômage étaient terriblement élevés et truqués à la baisse, les élections n’étaient que des mascarades électorales se tenant à échéances régulières pour simuler un semblant de démocratie, les dirigeants politiques étaient corrompus et ne recherchaient qu’à accumuler des richesses personnelles, des castes se reproduisaient de générations en générations et accumulaient l’ensemble des richesses et des postes à responsabilité, de larges pans de la population n’avaient pas de quoi vivre correctement et la bienveillance des forces de sécurité était plus surprenante que leurs abus d’autorité.

Il fallait qu’un citoyen tunisien, Mohamed Bouazizi, en arrive à un geste aussi terrible que l’immolation par le feu pour manifester son désespoir et sa rage. Etait-il alors étonnant de voir la jeunesse arabe investir en nombre les réseaux sociaux pour se mobiliser contre les injustices criantes ? Etait-il étonnant de voir la population se soulever en masse pour réclamer du travail et un revenu pour vivre dignement ? Etait-il étonnant de voir les citoyens se réunir pour réclamer avec passion et frénésie d’autres perspectives que celles qui leur étaient destinées de longue date ?

Dans L’Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville nous rappelle que la Révolution française ne s’est pas faite en un jour, qu’elle n’est pas une rupture soudaine dans l’Histoire de France mais plutôt le résultat d’un processus long, fruit de frustrations accumulées pendant des décennies. C’est ce constat qui vaut également aujourd´hui pour les pays arabes, où les soulèvements sont le résultat de l’oppression et des injustices subies depuis de trop longues années. Par ailleurs, la phase de transition post-révolution est un moment périlleux qui présente le risque de ne pas accoucher d’une meilleure situation. Aussi, le terme de « révolution » nous interroge car il ne sous-entend pas la possibilité d’un retour en arrière en termes de progrès. Pourtant, dans certains pays, « l’Hiver arabe » semble avoir refroidi les espérances des « Printemps arabes ».

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples », écrivait le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre. A l’image de cette pensée, et fidèle à leur volonté d´expliquer les enjeux contemporains, les auteurs de Mundeo ont veillé à vous proposer une information accessible et de qualité, pour que vous puissiez, à l’issue de vos lectures, appréhender une région complexe avec des idées simples.

Les articles :

Iran 2009 : prémices des printemps arabes ?

La révolution en Egypte : de l’espoir à la désillusion

Un bourbier sans printemps : le cauchemar syrien

La sacro-sainte stabilité su Maroc

Les difficultés grandissantes du régime Al-Assad

Du post-Moubarak au post-Morsi : l’effondrement des relations turco-égyptiennes (partie I)

– Du post-Moubarak au post-Morsi : l’effondrement des relations turco-égyptiennes (partie II)

Bahreïn, la révolte matée et oubliée

Une bande-son du printemps arabe

Tunisie, un espoir pour le monde arabe ?

Comprendre la situation explosive au Yémen


Crédits photo: Hossam el-Hamalawy. License Creative Commons. Des Égyptiens demandent la destitution du Maréchal Tantaoui, alors président du Conseil suprême des Forces armées de l’Égypte. Place Tahrir, le 29 novembre 2011